
Titre : Les Rougon-Macquart, tome 17 : La Bête Humaine
Auteur : Emile Zola
Date de parution : 2016
Editeur : Bibebook
Format : Ebook
Genre : Classique
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 426
Résumé :
Le sang exécrable des Rougon-Macquart court dans les veines de Jacques Lantier, fils de Gervaise et héritier d’une lignée maudite. Lantier a assisté au meurtre d’un notable par le chef de gare du Havre. Pour se protéger, la femme de ce dernier, Séverine, le séduit et devient sa maîtresse. Auprès d’elle, et dans les vapeurs de sa chère Lison, sa locomotive, Jacques pense pouvoir conjurer ses pulsions meurtrières, résister à » la hèle enragée qu’il sent en lui » à la seule vue de la nudité d’une femme.
Avis :
J’ai bien aimé ce roman qui parle du monde ferroviaire, le moyen de transport le plus rapide, le plus révolutionnaire et donc le plus important de l’époque. Comme à chaque fois, Zola s’est énormément documenté : on découvre le fonctionnement de la gare et les différents métiers qui gravitent autour. Chez Zola, les cheminots ne sont pas toujours très travailleurs, et ça m’aide à comprendre pourquoi ils ont eu un statut à part.
J’ai été un peu perturbée par le mot « chauffeur » dans la locomotive : il semble aux ordres du mécanicien qui conduit la machine, et donc le train. J’ai fini par comprendre que le chauffeur est celui qui chauffe : il casse le charbon et l’enfourne pour chauffer l’eau de la locomotive.
L’histoire est assez intéressante, presque un thriller. J’adore voir que Zola explore beaucoup de genres classiques, alors qu’il ne fait qu’observer la déliquescence humaine. Il devient presque criminologue, et ça m’a fait penser aux Agatha Christie, des auteurs plus modernes mais très classiques du polar. Les pulsions de Jacques sont écrites comme dans un thriller, avec le point de vue d’un meurtrier qui essaie désespérément de se contrôler et qui échoue irrémédiablement. Les Roubaud, eux, essaient tant bien que mal de camoufler leur crime et de contrôler les informations qui pourraient parvenir à la police.
Jacques Lantier, mécanicien sur la Lison, sa locomotive, est le fils de Gervaise. Il a été créé pour les besoins de ce tome (il n’apparaît pas dans L’Assommoir) et a hérité de la tare de tante Dide (coucou) et des conséquences cérébrales de l’alcoolisme de ses parents. Dès qu’il approche physiquement une femme nue, il ressent le besoin de la tuer. Il est témoin du meurtre d’une personne haut placée, égorgée et jetée du train. Les Roubaud, meurtriers (on le sait dès le début, ce n’est pas un spoil), se rapprochent de Jacques pour contrôler ce qu’il sait et ce qu’il pourrait dire à la police. Mais Séverine Roubaud tombe éperdument amoureuse de lui.
Aucun des deux ne cherche cette relation : elle leur tombe dessus et devient plus forte que la morale ou la raison. Ils se retrouvent dans les recoins de la gare Saint-Lazare et mettent en place des stratagèmes pour se voir le plus souvent possible sans que Roubaud se doute de rien. Sachant de quoi Roubaud est déjà capable, que ferait-il à Jacques s’il les découvrait ? C’est ce modernisme, entre la romance et le thriller, que j’ai particulièrement aimé.
Il y a beaucoup de morts dans ce roman, et Zola n’épargne personne. La fin est tragique, d’une brutalité résolument moderne : alors que Zola reste souvent allusif, notamment dans les scènes d’amour où il faut lire entre les lignes, il est ici presque explicite, sans épargner les détails. Il est presque écrit noir sur blanc que les deux hommes finissent en steak haché !
Série terminée :
– tome 01 : La Fortune des Rougon
– tome 02 : La Curée
– tome 03 : Le Ventre de Paris
– tome 04 : La Conquête de Plassans
– tome 05 : La Faute de l’abbé Mouret
– tome 06 : Son Excellence Eugène Rougon
– tome 07 : L’Assommoir
– tome 08 : Une Page d’amour
– tome 09 : Nana
– tome 10 : Pot-Bouille
– tome 11 : Au Bonheur des Dames
– tome 12 : La Joie de vivre
– tome 13 : Germinal
– tome 14 : L’Œuvre
– tome 15 : La Terre
– tome 16 : Le Rêve
– tome 17 : La Bête humaine
– tome 18 : L’Argent
– tome 19 : La Débâcle
– tome 20 : Le Docteur Pascal
