Les Rougon-Macquart, tome 12 : La Joie de vivre – Emile Zola

Titre : Les Rougon-Macquart, tome 12 : La Joie de vivre
Auteur : Emile Zola
Date de parution : 2016
Editeur : Bibebook
Format : Ebook
Genre : Classique
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 393

Un Zola en demi-teinte.

Je lis les Rougon-Macquart dans l’ordre recommandé, et celui-ci est le douzième de la série. Et pour être honnête, ce n’est pas mon préféré.

Le titre est ironique, et c’est voulu. Zola lui-même l’explique : il voulait d’abord un titre direct comme Le Mal de vivre, avant de lui préférer l’ironie de La Joie de vivre. Car il n’y a effectivement pas grand-chose de joyeux dans ce roman — c’est un livre sur la douleur, l’émiettement des êtres, et la bonté qui s’épuise à force de donner.

Pauline est le cœur du roman. Recueillie à dix ans par son oncle Chanteau et sa tante après le décès de ses parents — les tenanciers de la charcuterie du Ventre de Paris — elle arrive avec une petite fortune de 150 000 francs. Pauline est attachante, rayonnante même, figure de dévouement et de bonté. Mais elle se fait progressivement dépouiller par toute la famille : la tante Chanteau pioche en douce dans ses rentes pour combler les besoins du ménage, et l’argent s’engloutit dans les folles entreprises successives de Lazare, dont Pauline est amoureuse. On lui prend son argent, on lui prend le cœur du cousin qu’elle devait épouser, et c’est encore elle qui finit par se dépouiller elle-même en mariant Lazare à une autre. Ce personnage aurait pu être absolument captivant — mais les longues descriptions de Zola créent une distance qui m’a empêchée de m’y attacher pleinement.

Lazare est le personnage qui m’a le plus exaspérée. Névrosé, inconstant, il s’emballe tour à tour pour la musique, la médecine, la chimie, l’ingénierie — puis se dégoûte à chaque fois devant la réalité des choses et sombre dans de longues périodes d’abattement. Il est hanté par la peur de la mort, incapable de décision, toujours vacillant. Ce n’est pas un personnage antipathique au sens strict — il est même courageux physiquement dans certaines situations — mais son égoïsme profond et ses contradictions perpétuelles finissent par épuiser. Zola lui a d’ailleurs insufflé une part de lui-même, notamment son pessimisme et sa peur de la mort, particulièrement vifs à l’époque où il a écrit ce roman, peu après la mort de sa mère.

Le cadre normand est lui aussi un personnage à part entière. Les marées qui régissent la vie du village, la mer qui ronge les falaises, l’érosion du littoral — Zola décrit avec précision un phénomène qui existait bien avant le réchauffement climatique, ce qui m’a amusée au passage : on nous présente souvent l’érosion côtière comme un problème moderne, alors qu’elle est un phénomène naturel amplifié, certes, mais vieux comme la Terre.

Zola lui-même décrivait ce roman comme une œuvre « de psychologie pure », où « aucune description ne ralentit la marche du drame ». C’est amusant, parce que c’est exactement l’inverse de mon expérience de lecture — les descriptions longues et les passages contemplatifs m’ont considérablement freiné l’intérêt pour l’histoire et coupé l’attachement que j’aurais pu éprouver pour les personnages.

Ce n’est pas mon Zola préféré, loin de là. Mais il reste un maillon cohérent de la série, et Pauline une figure marquante des Rougon-Macquart.

La fiche du livre :

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Série terminée :
tome 01 : La Fortune des Rougon
tome 02 : La Curée
tome 03 : Le Ventre de Paris
tome 04 : La Conquête de Plassans
tome 05 : La Faute de l’abbé Mouret
tome 06 : Son Excellence Eugène Rougon
– tome 07 : L’Assommoir
tome 08 : Une Page d’amour
– tome 09 : Nana
tome 10 : Pot-Bouille
tome 11 : Au Bonheur des Dames
– tome 12 : La Joie de vivre
– tome 13 : Germinal
– tome 14 : L’Œuvre
– tome 15 : La Terre
tome 16 : Le Rêve
– tome 17 : La Bête humaine
tome 18 : L’Argent
– tome 19 : La Débâcle
– tome 20 : Le Docteur Pascal

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