Noirs démons, tome 04 : Entre deux feux – Suzanne Wright

Titre : Noirs démons, tome 04 : Entre deux feux
Auteur : Suzanne Wright
Date de parution : 28 novembre 2018
Editeur : Milady
Format : Ebook
Genre : Bit-Lit
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 475

Note : 4 sur 5.

J’ai beaucoup aimé ce tome, et c’est un vrai soulagement après mes réserves sur le troisième volume ! Après un tome 3 qui m’avait laissée avec un sentiment mitigé, entre grossesse imposée et passages bâclés, Entre deux feux redresse magistralement la barre et me rappelle pourquoi j’avais tant accroché au premier tome de la série et pourquoi le deuxième m’avait tant plu avec son intrigue de fond gagnant en ampleur.

J’ai trouvé que Harper devenait beaucoup plus forte et mise en avant dans ce tome, et c’est probablement l’évolution la plus satisfaisante du livre. Est-ce un effet de la maternité ? Peut-être, mais pas de la manière stéréotypée et attendue. Harper n’est pas devenue forte parce qu’elle est mère et qu’elle doit protéger son petit à tout prix – ce qui aurait été le cliché facile et prévisible. Non, elle est devenue plus forte parce qu’elle a continué à développer ses pouvoirs de démone prime, parce qu’elle a gagné en confiance, parce qu’elle a affirmé sa place au sein de la meute et dans cet univers démoniaque. D’un point de vue de ses pouvoirs, elle atteint un niveau impressionnant qui était en germe depuis le début mais qui s’épanouit vraiment ici. Les scènes où elle utilise ses capacités sont spectaculaires et montrent une maîtrise qui contraste totalement avec la Harper du premier tome qui découvrait à peine sa nature démoniaque. Suzanne Wright nous offre enfin la Harper que j’espérais voir depuis le début : une Harper qui ne se contente pas d’être « la compagne de Knox » mais qui est une force à part entière, redoutable et redoutée.

Et surtout, sa cruauté ! J’ai adoré voir Harper embrasser pleinement sa nature démoniaque et ne plus s’excuser d’être ce qu’elle est. Elle n’hésite plus, elle ne cherche plus à tempérer ses instincts les plus sombres, elle assume totalement d’être un démon avec tout ce que cela implique de violence et d’impitoyabilité. Ce sont des démons, pas des vampires à paillettes ! Cette phrase résume parfaitement ce qui fait la réussite de ce tome. Suzanne Wright arrête de romantiser excessivement ses personnages et leur permet d’être véritablement ce qu’ils sont censés être : des créatures des enfers, dangereuses, mortelles, qui n’ont pas les mêmes codes moraux que les humains. Harper qui massacre ses ennemis sans remords, qui utilise ses pouvoirs de la manière la plus brutale qui soit, qui ne laisse aucune chance à ceux qui menacent sa meute, c’est exactement ce que je voulais voir. Une femme badass, ça fait tellement du bien ! Après trois tomes où Harper était forte mais souvent tempérée, limitée, ou mise en retrait au profit de Knox ou de l’intrigue de grossesse, la voir enfin déployée dans toute sa puissance destructrice est extrêmement satisfaisant. Elle n’a plus rien de la jeune démone qui découvrait ses pouvoirs dans le premier tome, elle est devenue une prédatrice accomplie.

L’auteure a su amener cette évolution avec logique et discernement, et c’est là que réside toute la différence avec le tome 3 qui m’avait frustrée par sa précipitation. Ici, la transformation de Harper ne sort pas de nulle part, elle est le résultat logique et progressif de tout ce qu’elle a vécu dans les trois tomes précédents. Les menaces qu’elle a affrontées, les combats qu’elle a menés, les responsabilités qu’elle a endossées, tout cela l’a forgée et durcie. Suzanne Wright ne nous impose pas un changement brutal et inexpliqué, elle nous montre comment Harper est devenue cette femme puissante et impitoyable à travers une progression cohérente. Chaque étape est justifiée, chaque montée en puissance a son explication, et on sent que l’auteure a vraiment pris le temps de construire cette évolution au lieu de la bâcler comme elle l’avait fait avec la grossesse dans le tome précédent. Cette attention portée au développement du personnage, cette progression organique qui respecte l’intelligence du lecteur, c’est exactement ce qui manquait au tome 3 et qui fait toute la différence ici.

J’ai beaucoup aimé l’humour décalé des personnages qui dédramatisent certaines situations un peu lourdes. C’était déjà une force du premier tome, cet humour caustique et mordant qui rendait les personnages si attachants, et je suis ravie de retrouver cet aspect en pleine forme dans ce quatrième volume. Après un tome 3 où l’humour avait été un peu éclipsé par les angoisses liées à la grossesse et où l’atmosphère était globalement plus tendue, ce retour à un ton plus léger par moments fait un bien fou. Les répliques cinglantes, les vannes entre membres de la meute, les commentaires sarcastiques de Harper face à des situations dramatiques, tout cela apporte de la respiration dans des scènes qui pourraient sinon être trop sombres ou trop intenses. Cet équilibre entre gravité et légèreté, entre danger mortel et second degré salvateur, est l’une des signatures de Suzanne Wright et elle fonctionne particulièrement bien ici. L’humour ne désamorce pas la tension, il la rend supportable et permet aux personnages de rester humains (ou du moins, de garder leur personnalité) même dans les pires moments. C’est aussi ce qui distingue cette série d’autres romances bit-lit plus sérieuses et parfois pesantes : les personnages ne sont jamais uniquement définis par le drame, ils conservent cette capacité à rire d’eux-mêmes et des situations absurdes dans lesquelles ils se retrouvent.

D’un point de vue de l’histoire, ce tome sonne clairement comme la fin d’un cycle, et c’est une structure narrative très intelligente de la part de Suzanne Wright. L’auteure finit son arc narratif principal, celui qui commençait avec la rencontre entre Harper et Knox dans le premier tome et qui s’est développé sur ces quatre volumes. Elle boucle les intrigues de fond qui avaient été mises en place progressivement, particulièrement celle qui avait véritablement démarré dans le tome 2 et qui donnait une ampleur nouvelle à la série. Les menaces qui planaient sur la meute sont résolues, les conflits majeurs trouvent leur dénouement, et on a véritablement le sentiment d’arriver à la conclusion d’une étape importante dans la vie de Harper et Knox. L’auteure le fait sans grande surprise, c’est vrai – on devine assez facilement où elle nous mène et comment les choses vont se résoudre – mais elle le fait de façon satisfaisante et c’est l’essentiel. Contrairement au tome 3 où j’avais eu l’impression qu’elle se débarrassait de certaines intrigues de manière expéditive et peu convaincante, ici elle prend le temps de conclure proprement son arc, de donner à chaque fil narratif une résolution qui fait sens, de permettre aux personnages d’évoluer et d’atteindre un équilibre stable. Ce n’est pas révolutionnaire dans sa structure, mais c’est bien exécuté, cohérent, et émotionnellement satisfaisant. On referme ce quatrième tome avec le sentiment que l’histoire de Harper et Knox est complète, qu’ils ont parcouru un chemin ensemble et qu’ils sont arrivés quelque part de significatif.

Et maintenant, les prochains tomes sont consacrés aux personnages secondaires, et j’ai tellement hâte de les lire ! Dès le tome 2, j’avais été fascinée par les prémices de romances qui se dessinaient entre Tanner et Devon, entre Keenan et Khloé. J’avais été déçue que le tome 3 ne développe pratiquement pas ces relations, les reléguant en arrière-plan au profit de la grossesse de Harper. Maintenant que l’arc principal est terminé, que Harper et Knox ont leur happy ending bien mérité, je suis impatiente de plonger dans les histoires de ces personnages secondaires qui m’ont tant intriguée. La meute de Knox regorge de personnalités fascinantes qui méritent amplement leurs propres romans. Chacun a ses propres démons (au sens figuré comme au sens littéral), ses propres désirs, ses propres conflits. Levi avec son humour et sa légèreté apparente qui cachent probablement des blessures profondes, Tanner et son attirance évidente pour Devon qu’il essaie de combattre, Keenan et Khloé dont la dynamique explosive promet une romance incendiaire, tous ces personnages ont été suffisamment développés au fil des quatre premiers tomes pour donner envie de les connaître davantage. Et sachant que Suzanne Wright a prouvé dans ce tome 4 qu’elle pouvait se ressaisir après un faux pas, j’ai bon espoir que les tomes compagnons seront à la hauteur de mes attentes.

Entre deux feux est donc une conclusion très satisfaisante pour l’arc de Harper et Knox, et un tome qui rachète largement les déceptions du volume précédent. Suzanne Wright retrouve ici ce qui faisait la force du début de sa série : des personnages forts et complexes, un équilibre réussi entre humour et gravité, une intrigue qui avance à bon rythme, et surtout une héroïne qui assume pleinement sa nature démoniaque. Harper est enfin devenue le personnage badass et impitoyable que j’espérais voir depuis le premier tome, et cette évolution rend sa lecture d’autant plus satisfaisante. Le fait que ce tome marque la fin d’un cycle tout en ouvrant la porte aux histoires des personnages secondaires est une transition intelligente qui me donne très envie de poursuivre ma lecture de la série. Après les hauts et les bas de ces quatre premiers tomes, je suis curieuse de voir comment Suzanne Wright va développer les romances des membres de la meute et si elle parviendra à maintenir la qualité retrouvée de ce quatrième volume. Une chose est sûre : je continuerai à suivre les aventures de cette meute de démons attachants, cruels et hilarants qui ont su me conquérir malgré quelques imperfections en cours de route.

La fiche du livre :

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Série en cours :
tome 01 : Tout ce qui brûle
tome 02 : A Feu et à sang
tome 03 : Des Cendres en enfer
– tome 04 : Entre deux feux
– tome 05 : Le Feu sous la cendre
– tome 06 : Le Feu sacré
– tome 07 : Enfer et damnation
– tome 08 : Un Feu d’enfer
– tome 09 : Retour de flammes
– tome 10 : Flammes éternelles

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