
Titre : La Belgariade, tome 04 : La Tour des maléfices
Auteur : David Eddings
Date de parution : 2008
Editeur : Pocket
Format : Livre
Genre : Fantasy
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 438
Résumé :
Garion monta sur le trône de basalte et plaça l’Orbe sur le pommeau de l’énorme épée. Il y eut un déclic; la force vive de la pierre fusa dans la garde. La lame se mit à luire et se détacha du mur. Il la rattrapa des deux mains. La foule dans la salle réprima un halètement. Garion sidéré vit l’Orbe jeter une formidable langue de feu bleu. Sans trop savoir pourquoi, il souleva le glaive. « Ô joie, le roi est revenu, la prophétie s’accomplit! clama Belgarath. Inclinons-nous devant Belgarion, roi de Riva, suzerain du Ponant! »
Et la prophétie suivit son cours. Au coeur du tumulte, on entendit un bruit métallique, comme si une tombe scellée par la rouille venait de s’ouvrir. Garion en fut glacé jusqu’aux moelles. Arraché à des siècles de sommeil, un cri de rage surgit des ténèbres et réclama du sang. Mais ce n’était pas le pire. Cette voix macabre, elle avait peur. Torak était de retour, et il tremblait, le dieu défiguré!
Avis :
On ne quitte pas si facilement la Belgariade.
Je le savais déjà, mais ce quatrième tome me le confirme : David Eddings est l’un de mes auteurs de high fantasy préférés, et quitter ses personnages va être une vraie déchirure.
Le style d’Eddings est une chose à part entière. Les tournures de phrases alambiquées, le vocabulaire soutenu, cette façon de raconter qui semble sortie d’une autre époque — tout cela colle parfaitement à l’atmosphère de la high fantasy classique. C’est vieillot, c’est désuet, et c’est exactement ce qu’il faut. Mention spéciale au traducteur, dont le travail est remarquable — chose si rare qu’elle mérite d’être saluée. On sent qu’il a collé au style original tout en rendant la lecture fluide et savoureuse en français.
Ce qui fait vraiment la singularité d’Eddings, c’est l’humour pince-sans-rire qui innerve tout le récit. Et le duo Belgarath/Polgara en est l’illustration parfaite. Ces deux-là sont des êtres d’une puissance quasi divine, capables de prouesses magiques proprement ahurissantes — et pourtant ils se chamaillent sur le repas du soir au campement comme deux personnes ordinaires. Belgarath a beau être l’un des plus grands sorciers du monde, il se comporte parfois comme un gamin qui part en douce pour éviter la réaction de sa fille. Et la réaction de Polgara ? Impressionnante — le genre de colère qui fait trembler les murs. Ce décalage constant entre la grandeur épique des enjeux et la trivialité des querelles domestiques est une marque de fabrique de la série, et ce tome ne faillit pas.
Ce tome ménage aussi un suspense de taille sur Belgarath lui-même. Suite à une attaque survenue à la fin du tome précédent, on ne sait pas pendant les trois quarts du récit s’il a perdu ses pouvoirs. Pour un personnage de cette stature, c’est une tension narrative particulièrement efficace — et une façon habile de le rendre vulnérable sans trahir ce qu’il est.
Garion continue de grandir, et c’est toujours aussi satisfaisant à suivre. Ce tome marque une étape importante dans son évolution : il est couronné, et avec la couronne vient la réalité du pouvoir. J’ai adoré le voir réaliser concrètement ce que cela signifie de devoir s’occuper d’un royaume entier — et le voir flipper un peu face à cette responsabilité. C’est tellement humain, tellement éloigné du héros invincible et impassible, que ça rend son personnage profondément attachant.
Ce’Nedra, elle, brille dans la deuxième partie du roman. Sans trop en dévoiler, elle est mise à rude épreuve et doit faire face à une situation qui l’oblige à se dépasser. Là où elle se serait laissée submerger par ses émotions dans les tomes précédents, elle choisit de tenir. Cette évolution est subtile mais réelle, et terriblement satisfaisante pour qui la suit depuis le début de la série.
L’intrigue avance à grands pas, et on sent clairement que le dénouement approche. C’est à la fois excitant et un peu mélancolique — parce que qui dit fin de série dit quitter des personnages qui sont devenus, au fil des tomes, de véritables compagnons de route. J’ai l’impression de suivre des amis, et ça, aucune relecture ne pourra tout à fait le reproduire. (Il y a trop de nouveautés dans ma pile, de toute façon.)
Je n’ai pas encore acheté le dernier tome. Pas parce que j’ai peur d’être déçue — mais parce que je ne suis pas tout à fait prête à dire au revoir. La Mallorée attendra sagement dans un coin pendant ce temps.
La fiche du livre :
Série terminée :
– tome 01 : Le Pion blanc des présages (lu)
– tome 02 : La Reine des sortilèges (lu)
– tome 03 : Le Gambit du magicien (lu)
– tome 04 : La Tour des maléfices
– tome 05 : La Fin de partie de l’Enchanteur
