Arkane, tome 02 : La Résurrection – Pierre Bordage

Titre : Arkane, tome 02 : La Résurrection
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 12 septembre 2018
Editeur : Bragelonne
Format : Ebook
Genre : Fantasy
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 426

De la déception, beaucoup de déception.

Le tome 1 m’avait laissée sur un espoir prudent — un univers prometteur malgré des défauts de rythme. Ce tome 2 confirme malheureusement mes craintes, et les dépasse même.

Ce tome est interminable, et pas dans le bon sens du terme. Là où la lenteur du tome 1 servait à construire un univers, celle de ce tome 2 ne construit rien. Oziel et Renn sont devenus franchement ennuyants : l’auteur a délaissé le travail de caractérisation au profit de l’action, tout en conservant de longs passages d’apitoiement — sauf que sans construction psychologique derrière, ces passages sonnent creux. C’est le pire des deux mondes : ni rythme soutenu, ni développement de personnages. Aucune évolution sur 450 pages.

Orik est la seule éclaircie, et encore, en demi-teinte. Ce guerrier bourru au cœur tendre avait pourtant un passif lourd — il a vu son peuple massacré et porte la nouvelle de l’invasion qui menace Arkane. Mais Bordage ne fait quasiment jamais référence à ce traumatisme dans sa caractérisation : Orik se résume à sa fonction, simple bras armé au service de Renn. Son tourment reste un détail de fond, jamais exploré, jamais incarné. Stéréotypé jusqu’au bout.

Et Noy, en qui je plaçais tous mes espoirs après le tome 1 ? Retombé comme un soufflé au fromage. Sans en dévoiler trop, disons que son évolution dans ce tome est aussi soudaine qu’expliquée à la va-vite — le genre de basculement qui aurait mérité bien plus de préparation pour être réellement percutant.

L’aspect politique, qui était l’une des promesses les plus excitantes du tome 1, tombe complètement à plat. Le fossé entre les Hauts et les Bas d’Arkane est bien là, on le constate quand certains personnages descendent chercher le frère d’Oziel — devenu une sorte de mutant après un long séjour dans les mines sous la ville, un élément qui aurait pu être fort mais qui est lui aussi expédié trop vite pour vraiment marquer. Aucune rébellion, aucune tension sociale exploitée. Et entre les sept maisons, censées se livrer une guerre d’influence digne de Game of Thrones à la française ? Rien. Toute la complexité politique entrevue dans le tome 1 s’évapore.

Le vrai problème de fond, c’est l’équilibre du diptyque. J’avais déjà flairé le risque dans mon avis du tome 1 : un premier tome très lent suivi d’un second précipité. Avec le recul, je pense que le souci est encore plus profond. Bordage semble avoir eu une vision claire de son worldbuilding général — l’inspiration Game of Thrones est évidente — mais sans idée pour le faire vivre à travers l’intrigue et les personnages. Il aurait fallu davantage d’action et de développement politique concret, et beaucoup moins d’états d’âme répétitifs qui ne mènent nulle part.

Et puis il y a la fin. Après 450 pages de rien, l’intrigue se dénoue en sept pages dans le dernier chapitre. Oziel et Renn se rencontrent, comprennent en trois paragraphes qu’ils sont faits l’un pour l’autre, sauvent le monde dans la foulée, et c’est le générique de fin. Aucun poids dramatique, aucune tension : tout ce qui méritait d’être développé est expédié à la va-vite, en contraste frappant avec la lenteur insupportable du reste du roman.

Mon pressentiment du tome 1 se confirme malheureusement : Bordage est bien meilleur en science-fiction qu’en fantasy.

Et pourtant, je ne regrette pas d’avoir lu la suite — je n’aime pas laisser une série en plan sur un doute. Mais ma déception est à la hauteur de mon enthousiasme initial : c’est précisément parce que le worldbuilding du tome 1 m’avait happée que cette chute est si rude.

Je suis surtout soulagée d’avoir terminé ma première série de l’année — pas pour de bonnes raisons.

La fiche du livre :

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Série terminée :
tome 01 : La Désolation
– tome 02 : La Résurrection

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