La Meute du Phénix, tome 04 : Marcus Fuller – Suzanne Wright

Titre : La Meute du Phénix, tome 04 : Marcus Fuller
Auteur : Suzanne Wright
Date de parution : 20 novembre 2015
Editeur : Milady
Format : Ebook
Genre : Bit-Lit
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 473

Je suis vraiment assez mitigée par cette lecture de ce quatrième tome de La Meute du Phénix, ce qui est assez décevant après avoir plutôt apprécié les volumes précédents de la série malgré leurs défauts récurrents. Après avoir suivi les romances de Taryn et Trey dans le premier tome, de Jaime et Dante dans le deuxième, et de Nick et Shaya dans le troisième que j’avais trouvé correct malgré quelques réserves, j’espérais que ce tome consacré à Marcus et Roni maintiendrait au moins le même niveau de qualité et d’engagement émotionnel.

J’ai franchement lu ce tome sans en avoir vraiment envie au départ, sans cette anticipation excitée qui accompagne habituellement mes lectures de romance bit lit. Mais je me suis lancée quand même en me disant pragmatiquement que c’était probablement une lecture simple, légère, et rapide qui ne me demanderait pas trop d’investissement mental ou émotionnel. Une lecture de remplissage, en quelque sorte, pour faire avancer ma progression dans la série que je possède déjà en intégralité dans ma liseuse.

Cette approche un peu désabusée et ces attentes volontairement basses ont probablement influencé négativement mon expérience de lecture dès le départ, créant un cercle vicieux où mon manque d’enthousiasme initial se confirmait page après page.

J’ai plutôt apprécié Marcus Fuller et Roni Axton comme personnages de base, ils sont sympathiques et ont quelques traits de caractère intéressants. Mais bizarrement et de manière assez déstabilisante, ce n’était vraiment pas du tout comme cela que je les avais imaginés et construits mentalement dans les tomes précédents où ils apparaissaient en personnages secondaires. Quand des personnages secondaires qu’on a rencontrés brièvement deviennent protagonistes de leur propre tome, il y a toujours un risque de dissonance entre l’image qu’on s’en était faite et la réalité de leur caractérisation approfondie.

Ici, cette dissonance était assez marquée pour moi. Mes Marcus et Roni imaginaires, construits à partir de leurs quelques apparitions précédentes, ne correspondaient pas vraiment aux Marcus et Roni que Suzanne Wright développe dans ce tome. Cette déconnexion entre attente et réalité a rendu difficile mon immersion complète dans leur histoire.

Ils sont globalement sympathiques et plaisants à suivre, mais malheureusement je n’ai vraiment pas ressenti de connexion émotionnelle profonde ou d’attachement fort avec eux tout au long du roman. Je les ai trouvés très lisses finalement, sans la profondeur psychologique, les contradictions internes, ou les vulnérabilités touchantes qui créent de vrais personnages mémorables. Ils fonctionnent comme des archétypes compétents – l’alpha protecteur, la louve indépendante – mais sans transcender vraiment ces catégories pour devenir des individus uniques et inoubliables.

Cette lisseur, cette absence d’aspérités ou de complexité véritable, les rend interchangeables avec d’autres couples de romance bit lit. Rien dans leur caractérisation ne les distingue vraiment ou ne les rend spéciaux au-delà de leur rôle fonctionnel dans la série.

Roni m’a quand même fait rire à plusieurs reprises avec ses blagues sarcastiques et pince-sans-rire, et surtout avec ses vengeances espiègles et créatives contre ses frères de meute, notamment les taquineries et les tours pendables qu’elle leur joue. Ces moments de légèreté et d’humour apportent une touche bienvenue de dynamisme et de personnalité à un personnage qui autrement reste assez générique. Son sens de l’humour et son refus de se prendre trop au sérieux sont probablement ses traits les plus attachants.

Mais ces quelques moments amusants ne suffisent pas à compenser l’impression générale de superficialité du personnage qui manque de vraies arêtes ou de vraies blessures à explorer.

L’histoire d’amour entre Marcus et Roni est sympa et agréable dans son développement, techniquement bien construite avec les étapes classiques du enemies-to-lovers (ou plutôt ici du reluctant-to-lovers puisque Roni résiste à l’attraction), mais honnêtement elle ne m’a vraiment pas fait vibrer émotionnellement ou créé cette addiction de page-turner où on a désespérément besoin de savoir ce qui va se passer ensuite. Il n’y a pas de véritable message ou de thématique profonde explorée à travers ce couple comme il pouvait y en avoir dans les meilleurs tomes précédents.

Leur relation se développe de manière prévisible et sans vraie surprise, suivant exactement le schéma attendu sans jamais prendre de risques narratifs ou émotionnels. L’intensité du lien d’âmes sœurs est affirmée plutôt que véritablement ressentie ou démontrée de manière convaincante.

Et surtout, il y a vraiment beaucoup trop de scènes de sexe explicites et détaillées sans importance narrative ou développement émotionnel réel. C’est du sexe pour le sexe, du remplissage érotique qui devient rapidement répétitif et ennuyeux plutôt qu’excitant ou significatif. Suzanne Wright a toujours écrit des romances très « spicy » avec beaucoup de contenu sexuel explicite – c’est sa marque de fabrique et je l’avais déjà noté dans mes avis des tomes précédents –, mais ici cela atteint un niveau d’omniprésence qui nuit franchement au rythme narratif et au développement des personnages.

Après la troisième ou quatrième scène de sexe détaillée qui n’apporte rien de nouveau à la relation ou à l’intrigue, on commence sérieusement à s’ennuyer et à avoir envie de passer ces passages pour revenir à l’histoire effective. Cette surabondance de contenu sexuel au détriment de la substance émotionnelle est probablement mon plus gros reproche à ce tome.

Néanmoins, et c’est probablement l’aspect que j’ai le plus apprécié dans ce tome, la partie de l’intrigue concernant les meutes rivales de chacals et de hyènes m’a vraiment bien plu et a apporté un peu de variété et de dynamisme bienvenu. Même si, soyons honnêtes, c’est extrêmement cliché et prévisible d’avoir ces deux espèces spécifiques – chacals et hyènes – comme antagonistes dans une histoire de loups-garous. Ce sont les méchants par défaut de la fiction bit lit animale, les équivalents sauvages et « impurs » des nobles loups.

Wright ne fait aucun effort pour subvertir ou complexifier ces clichés, présentant les chacals et les hyènes exactement comme on s’y attend : sournois, lâches, cruels, organisés en bandes désordonnées plutôt qu’en meutes structurées. Mais malgré ce manque total d’originalité dans la caractérisation de ces antagonistes, j’ai quand même aimé voir enfin d’autres métamorphes que les sempiternal loups dans cette série qui jusqu’ici restait très centrée sur une seule espèce.

Cette diversification de la faune bit lit enrichit un peu l’univers et crée des dynamiques de conflit différentes. Les confrontations avec ces autres espèces apportent de l’action et de la tension qui manquaient cruellement dans les scènes uniquement centrées sur la romance de Marcus et Roni.

Mais le gros point noir absolument impardonnable et inacceptable de ce tome, ce qui a vraiment gâché ma lecture et qui témoigne d’un amateurisme éditorial scandaleux, c’est que la traductrice française a confondu et inversé au moins trois fois les prénoms des protagonistes principaux dans le texte publié ! Marcus est appelé par un autre nom, Roni devient quelqu’un d’autre, créant une confusion totale et sortant brutalement le lecteur de l’immersion narrative.

C’est absolument inadmissible et inexcusable de publier un texte commercial avec autant de coquilles aussi grossières et aussi évidentes de ce genre ! Comment ces erreurs flagrantes ont-elles pu passer à travers toutes les étapes de relecture, de correction, de vérification éditoriale ? Où sont les correcteurs, les relecteurs, les responsables qualité ? Ces confusions de noms ne sont pas de petites fautes de frappe ou d’accent qu’on pourrait pardonner, ce sont des erreurs majeures qui affectent directement la compréhension du texte.

Et surtout, c’est d’autant plus choquant et inacceptable venant d’une maison d’édition établie et réputée comme Milady qui appartient au groupe Bragelonne ! C’est quand même pas Harlequin ou une petite structure d’autoédition avec des moyens limités ! Milady est censée avoir des standards professionnels élevés, des équipes compétentes, des processus de contrôle qualité rigoureux. Comment un tel travail bâclé peut-il sortir de leurs bureaux avec leur logo dessus ?

Cette négligence éditoriale est irrespectueuse envers l’auteure originale Suzanne Wright dont le travail est ainsi massacré, envers la traductrice elle-même qui se retrouve associée à un texte truffé d’erreurs qu’elle a peut-être ou peut-être pas commises, et surtout envers les lecteurs qui paient pour un produit professionnel et qui reçoivent un texte digne d’une première ébauche non relue.

Je vais quand même lire la suite de la série car je possède déjà tous les tomes suivants dans ma liseuse et que je déteste abandonner une série en cours de route par pure obstination complétiste. Mais je vais certainement laisser passer quelques mois, voire plusieurs mois, avant de m’y remettre. J’ai besoin d’une pause significative avec cette série qui commence vraiment à montrer ses limites et ses défauts récurrents – formule répétitive, personnages interchangeables, surabondance de scènes de sexe au détriment de la substance, qualité de traduction déplorable.

Cette pause me permettra peut-être de revenir plus tard avec des attentes recalibrées et une patience renouvelée, ou peut-être que je réaliserai simplement que cette série n’est plus pour moi et que je devrais accepter de l’abandonner malgré mon investissement initial.

Marcus Fuller est un quatrième tome décevant qui confirme malheureusement les faiblesses croissantes de la série La Meute du Phénix. Marcus et Roni sont sympathiques mais lisses et peu mémorables, leur romance est agréable sans être captivante, et la surabondance de scènes de sexe explicites noie ce peu de substance narrative qu’il y a. L’intrigue avec les chacals et hyènes apporte un peu de variété bienvenue malgré son caractère ultra-cliché, mais ce n’est pas suffisant pour sauver un tome globalement fade.

Et surtout, les erreurs inadmissibles de traduction avec les confusions de prénoms sont un scandale éditorial qui témoigne du mépris de Milady pour ses lecteurs et pour le contrôle qualité. Si vous avez adoré les trois premiers tomes, celui-ci vous plaira probablement aussi puisqu’il suit exactement la même formule. Si comme moi vous commenciez déjà à fatiguer de la répétitivité de la série, ce tome ne fera qu’aggraver votre déception. Je recommande de lire en version originale anglaise si possible pour éviter la traduction catastrophique. Pour ma part, je fais une pause prolongée avec cette série avant de décider si je continue ou si j’abandonne définitivement. Suzanne Wright peut faire mieux – elle l’a prouvé avec Noirs démons que j’ai bien plus apprécié –, et Milady devrait avoir honte de la qualité éditoriale déplorable de cette publication.

La fiche du livre :

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Série terminée :
tome 01 : Trey Coleman
tome 02 : Dante Garcea
tome 03 : Nick Axton
– tome 04 : Marcus Fuller
– tome 05 : Ryan Conner
– tome 06 : Tao Lukas
– tome 07 : Patrick Hardy
– tome 08 : Dominic Black

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