La Meute du Phénix, tome 01 : Trey Coleman – Suzanne Wright

Titre : La Meute du Phénix, tome 01 : Trey Coleman
Auteur : Suzanne Wright
Date de parution : 27 septembre 2013
Editeur : Milady
Format : Ebook
Genre : Bit-Lit
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 559

Note : 3 sur 5.

Incapable de se transformer en louve, Taryn Warner a toujours été méprisée par sa meute malgré son puissant don de guérison. Quand son père décide de l’unir de force à Roscoe Weston – un Alpha violent et dominateur qui lui promet de la briser – , Taryn refuse de se soumettre.

C’est alors que Trey Coleman, dangereux Alpha connu pour sa sauvagerie, lui propose un marché : s’unir – temporairement – à lui. Il y gagnerait une alliance et elle sa liberté. Mais faire semblant comporte aussi des risques. D’autant que leur attirance l’un pour l’autre semble hors de contrôle…

J’ai moins apprécié cette relecture par rapport à ma première lecture, et cela m’a surprise. Parfois, revisiter un livre qu’on a aimé permet de découvrir de nouvelles subtilités qu’on avait manquées ; d’autres fois, au contraire, on remarque des défauts qu’on avait occultés dans l’enthousiasme initial. Cette fois-ci, c’est malheureusement le second cas qui s’est présenté.

L’univers et l’histoire restent néanmoins intéressants. Suzanne Wright construit un monde de métamorphes avec ses propres règles, ses dynamiques de meute et ses enjeux territoriaux qui fonctionnent bien. La mythologie des loups-garous est suffisamment développée pour créer un cadre cohérent, et l’intrigue principale possède assez de rebondissements pour maintenir l’attention. Ce n’est pas là que le bât blesse.

J’aime beaucoup la relation entre les personnages et le sens de l’humour de l’auteure. Ce sont d’ailleurs des points absolument essentiels, selon moi, dans de la romance bit-lit. Une bonne alchimie entre les protagonistes et des dialogues qui sonnent juste peuvent compenser bien des défauts narratifs. Ici, les échanges pétillent souvent d’une énergie communicative, et l’auteure sait créer cette tension électrique qui fait le sel des romances paranormales réussies.

Taryn est clairement mon personnage préféré avec sa répartie cinglante et ses remarques sarcastiques. C’est une héroïne qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, qui répond du tac au tac et refuse de jouer la demoiselle en détresse. Son caractère bien trempé, son refus des conventions et sa langue acérée en font un personnage rafraîchissant dans un genre où les héroïnes peuvent parfois manquer de force de caractère. Ses piques ironiques et son humour mordant apportent une vraie plus-value au récit, et j’ai adoré la voir tenir tête à Trey et aux autres membres de la meute sans jamais perdre son mordant.

Trey aurait clairement pu être un bon book boyfriend de mon adolescence. Il coche toutes les cases du mâle alpha protecteur : dominant, possessif, intensément dévoué à sa compagne, avec juste ce qu’il faut de vulnérabilité cachée sous la carapace de dureté. À l’époque où j’ai découvert ce livre pour la première fois, ce type de personnage me faisait probablement beaucoup plus d’effet. Aujourd’hui, avec le recul et une certaine évolution de mes goûts, je trouve son attitude parfois excessive, voire problématique. La possessivité romantisée et les comportements dominateurs qui passaient pour passionnés me semblent désormais un peu trop marqués, même si je comprends l’attrait qu’il peut exercer.

Cependant, plusieurs éléments ont nui à mon plaisir de relecture. Il y a énormément de descriptions qui rallongent inutilement le récit sans apporter de réelle valeur ajoutée. Suzanne Wright semble parfois avoir du mal à choisir ce qui mérite d’être détaillé et ce qui pourrait être résumé en quelques phrases. Ces passages ralentissent considérablement le rythme et créent des longueurs frustrantes, surtout quand on connaît déjà l’histoire et qu’on attend impatiemment les moments clés.

Les scènes de sexe se multiplient de manière presque systématique. Normalement, cela ne me dérange absolument pas – j’apprécie la romance spicy et je ne suis pas de celles qui sautent ces passages. Mais ici, leur fréquence et leur longueur finissent par devenir envahissantes, au point de ralentir la progression de l’intrigue. On a parfois l’impression que l’auteure multiplie ces scènes pour atteindre un certain quota plutôt que parce qu’elles servent véritablement le développement de la relation ou de l’histoire. Après un certain temps, elles perdent en impact et deviennent répétitives, alors qu’elles devraient normalement intensifier la connexion entre les personnages.

Le langage particulièrement cru et vulgaire m’a également fatiguée. Je n’ai rien contre quelques jurons bien placés ou un vocabulaire direct dans les moments de passion – cela peut ajouter du réalisme et de l’intensité. Mais ici, la vulgarité est quasi constante, au point de devenir lassante. Les dialogues en souffrent, perdant parfois en subtilité et en nuance. Cette accumulation de grossièretés finit par créer une impression de facilité, comme si l’auteure comptait sur le choc ou la provocation plutôt que sur la qualité des échanges pour maintenir l’intérêt.

Le décalage entre mes deux lectures s’explique probablement par plusieurs facteurs. D’une part, j’ai personnellement évolué dans mes goûts et mes attentes en matière de romance paranormale. Ce qui me semblait audacieux et passionnant à ma première lecture me paraît aujourd’hui parfois excessif. D’autre part, connaître l’histoire permet d’être moins indulgent : on ne peut plus se laisser porter par la découverte, et les défauts de construction deviennent plus visibles.

Malgré ces réserves, je ne regrette pas cette relecture. Elle m’a permis de mieux comprendre l’évolution de mes préférences et de confirmer que certains aspects – comme le personnage de Taryn et l’humour de l’auteure – continuent de me plaire. La Meute du Phénix reste une série sympathique pour qui aime la bit-lit épicée avec des personnages de caractère, mais elle ne fait clairement plus partie de mes coups de cœur absolus comme ce fut le cas à ma découverte.

Un bon divertissement qui a marqué ma période d’adolescence littéraire, mais qui supporte moins bien l’épreuve du temps et de la relecture qu’espéré.

La fiche du livre :

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Série terminée :
– tome 01 : Trey Coleman
– tome 02 : Dante Garcea
– tome 03 : Nick Axton
– tome 04 : Marcus Fuller
– tome 05 : Ryan Conner
– tome 06 : Tao Lukas
– tome 07 : Patrick Hardy
– tome 08 : Dominic Black

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