
Titre : Shâhra, tome 01 : Les masques d’Azr’Khila
Auteur : Charlotte Bousquet
Date de parution : 7 juin 2018
Editeur : Mnémos
Format : Ebook
Genre : Fantasy
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 325
Résumé :
Djiane, héritière d’un art mortel et secret, est donnée contre son gré à un seigneur tyrannique. Arkhane, apprentie chamane, est privée en une nuit de son identité et de ses dons. Abandonnée dans un reg aride, elle ne doit sa survie qu’à la protection d’un étrange vautour. Seule rescapée de l’attaque d’une gigantesque créature des sables, Tiyyi, une jeune esclave tente d’échapper à la fournaise de Tessûa. Recueillie par des nomades, elle découvre peu à peu ses pouvoirs.
Et dans l’ombre, un immortel en quête d’humanité, un djinn prisonnier d’un corps vieillissant, prêt à tout pour devenir un dieu…
Avis :
Charlotte Bousquet n’est pas une autrice que j’apprécie, et ce roman le confirme. Pourtant j’aurais vraiment voulu bien l’aimer : il y a dix ans, j’avais adoré ses deux romans parus chez Gulf Stream dans la collection Electrogène (Là où tombent les anges et Sang-de-lune). Mais j’ai visiblement vieilli et mûri en tant que lectrice, et j’attends tellement de choses d’un roman de fantasy aujourd’hui que dès qu’une autrice ne va pas au fond de son idée et de son monde, c’est un échec pour moi.
Les masques d’Azr’Khila suit quatre jeunes femmes : Djiane, héritière d’un art mortel et secret donnée contre son gré à un seigneur tyrannique ; Arkhâne, apprentie chamane androgyne privée en une nuit de son identité et de ses dons ; Tiyyi, jeune esclave rescapée de l’attaque d’une créature des sables ; et Aya Sin, augure sous l’emprise d’une drogue et d’un djinn immortel prisonnier d’un corps vieillissant.
Le désert façon Sahara, j’ai beaucoup aimé ça. L’autrice a bien su retranscrire l’univers avec des termes qui sonnent arabe et perse (en tout cas pour la profane en la matière que je suis), et ça fonctionne, c’est dépaysant. Le problème, c’est que derrière ce décor, il n’y a rien. La géographie, le système de magie, la mythologie : tout est cité, rien n’est exploité. Et c’est là toute ma frustration : l’autrice a les éléments en main, elle les pose sur la table, et n’en fait jamais rien. Je me demande même si Mnémos n’a pas plutôt demandé un roman court et facile à lire pour cibler le public Young Adult, plutôt que de laisser le temps à l’histoire de se déployer.
Même chose pour les pouvoirs de chacune : j’ai l’impression qu’ils ont un but, mais que tout est gardé en réserve pour le tome 2, façon « et hop, ça servait à ça, tadaaaa ! ». Résultat, dans ce premier tome, je n’ai jamais eu l’occasion de m’investir dans cette magie qu’on me refuse de comprendre maintenant.
Question personnages, je ne me suis attachée à aucune des quatre. Arkhâne, définie tantôt par « il » tantôt par « elle » selon les moments, m’a tenue à distance : l’alternance est fluide à la lecture, mais elle a créé une vraie barrière à l’identification. Djiane est trop clichée pour surprendre : la fille badass et riche, promise à un homme qui convoite son savoir, on connaît la chanson. Tiyyi, la gamine qui survit dans le désert grâce à un vautour, ne m’a pas intéressée une seconde. Seule Aya Sin, par sa façon de manipuler l’homme qui la retient prisonnière, a réussi à susciter un peu d’intérêt chez moi.
Et le plus gênant, c’est que je n’ai jamais compris pourquoi on suivait ces quatre femmes en parallèle. Il paraît que la déesse Azr’Khila veille sur elles toutes, mais je n’ai aucun souvenir qu’elle soit seulement mentionnée dans le texte. Ce lien, censé justifier la structure en alternance, reste bien trop lointain pour donner du sens au montage.
Au final, ce n’est pas le style de l’autrice qui m’a gênée dans ma lecture, elle reste fluide. C’est le désintérêt pour l’histoire elle-même qui a tout plombé, renforcé par un rythme pas franchement folichon : des actions qui s’étirent, des dialogues sans grand intérêt.
J’ai fini ce livre pour le finir. Je ne lirai pas la suite.
Série terminée :
– tome 01 : Les Maques d’Azr’Khila
– tome 02 : Les Voiles d’Azara
