Meg Corbyn, tome 03 : Gris Présages – Anne Bishop

Titre : Meg Corbyn, tome 03 : Gris Présages
Auteur : Anne Bishop
Date de parution : 23 septembre 2016
Editeur : Milady
Format : Livre
Genre : Bit-Lit
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 572

Une de mes séries bit-lit préférées, et ce tome le confirme.

Je le dis sans détour : la série Meg Corbyn est l’une des meilleures que j’aie lues dans le genre. Et ce troisième tome ne fait que renforcer cette conviction.

Ce qui rend cette série unique, c’est son renversement total des codes du bit-lit. Ici, ce ne sont pas les créatures surnaturelles qui menacent l’humanité — ce sont les humains qui sont les véritables dangers. Les Autres, ces êtres qui pourraient nous éradiquer du continent sans effort, essaient au contraire de maintenir un équilibre fragile. Il faut dire que la situation géopolitique est claire : la terre appartient aux Autres, et les humains n’y vivent que sur leur bon vouloir. Les Autres contrôlent toutes les ressources naturelles — les humains savent juste les transformer. Un rapport de force que certains humains semblent oublier un peu trop facilement.

Ce tome introduit des créatures encore plus puissantes que celles qu’on connaissait — des êtres quasi primordiaux, sans côté humain, dont la colère pourrait signifier la fin de l’humanité sur le continent. Simon et les Autres de Lakeside font tout pour calmer le jeu et protéger leur enclos et leurs humains. Et les humains n’aident pas : une attaque contre des Autres qui se rendaient à un marché aux puces pousse Simon à fermer le quartier commercial de Lakeside aux humains — une décision qui ne pénalise qu’eux, évidemment. C’est fascinant de se retrouver à craindre… les humains.

L’enclos de Lakeside est un univers en lui-même, peuplé de personnages inoubliables. Simon Wolfgard, loup-garou et chef des Autres, cogère sa librairie avec Vladimir Sanguinati, un vampire aussi élégant que redoutable. Tess tient le bar « Chez Bon à Croquer » — et mieux vaut surveiller la couleur de ses cheveux : quand ils deviennent bouclés et noirs, ne la regardez surtout pas. Les Élémentaires — Été, Hiver, Printemps, Automne — contrôlent la météo et se prélassent au bord de leur lac dans l’enclos, pendant que leurs poneys aux noms évocateurs distribuent le courrier : Brouillard, Tempête, Tonnerre, Séisme. Des poneys cosmiques que Meg a réussi à amadouer… avec des carottes et du sucre. Et j’adore que les Autres utilisent leur propre vocabulaire — un loup ne parle pas de maison ou de famille, il parle de tanière et de meute. Ces détails d’écriture donnent une cohérence et une saveur uniques à l’univers d’Anne Bishop.

Meg Corbyn, elle, est une Cassandra Sangue — une prophète du sang. Chaque coupure qu’elle s’inflige lui permet d’entrevoir des fragments du futur ou du présent, mais à un prix terrible : une Cassandra Sangue ne peut survivre à plus de mille coupures. Chaque vision la rapproche donc de sa propre fin. Dans ce tome, Meg devient une véritable éclaireuse pour les autres Cassandra Sangue libérées des camps humains — des femmes qui n’ont connu que l’enfermement et qui s’effondrent face à un monde extérieur trop riche, trop intense. Meg s’auto-expérimente pour leur trouver des repères, des façons de mieux vivre. C’est courageux, touchant, et tragique — d’autant que certaines ne survivent pas à cette liberté soudaine.

Tous les Autres s’inquiètent pour elle, Simon en tête. Et c’est là qu’un arc de ce tome prend tout son sens : la fille du lieutenant Montgomery, un policier humain qui aide les Autres à gérer les relations avec les humains, est accueillie et protégée dans l’enclos. Mais un caprice d’enfant impliquant les poneys des Élémentaires va indirectement provoquer une coupure de Meg. Même entourée, même protégée, elle reste vulnérable — et chaque blessure compte.

Meg est un peu moins au centre de ce tome, et d’autres personnages humains prennent de l’importance pour faire avancer l’intrigue globale de la série. C’est narrativement nécessaire — mais les interactions entre Meg et les Autres m’ont quand même manqué.

Parce que le vrai joyau de cette série, c’est la relation entre Meg et Simon. Appeler ça du slow burn serait un euphémisme — ce n’est plus du slow burn à ce niveau, c’est de l’art. Pas de kisskissbangbang dès les cent premières pages ! Au bout de trois tomes, Simon prend la main de Meg pour marcher. Une main. Je n’ose imaginer mon état au premier baiser. Simon, en tant que loup, ne sait pas comment se comporter avec une femme humaine qu’il apprécie. Meg, au vu de son histoire, ne sait pas comment se comporter avec un homme. Leurs quiproquos, leurs malentendus, et surtout ces moments où ils se comprennent enfin et apprennent de leurs erreurs — c’est d’une douceur et d’une justesse rares dans le genre.

Je suis déjà en train de déprimer à l’idée d’arriver au dernier tome. Mais je n’ai pas encore acheté — histoire de repousser la fin encore un peu.

La fiche du livre :

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Série terminée :
– tome 01 : Lettres Ecarlates (lu)
– tome 02 : Volée noire (lu)
– tome 03 : Gris Présages
– tome 04 : Empreintes fauves
– tome 05 : Cartes ivoire

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