
Titre : Crescent City, tome 01 : House of Earth and Blood
Auteur : Sarah J. Maas
Date de parution : 03 mars 2020
Editeur : Bloomsbury
Format : Ebook
Genre : Fantasy
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 816
Résumé :
Liés par le sang. Tentés par le désir. Déchainés par le destin.
Bryce, une jeune femme mi-fae, mi-humaine, a une vie parfaite : elle travaille la journée chez un marchand d’antiquités qui vend des artefacts magiques et fait la fête toute la nuit avec ses amis en savourant chaque plaisir qu’offre Lunathion – plus connue sous le nom de Crescent City.
Mais un jour, un terrible meurtre va venir ébranler les fondations de la ville, de même que le monde de Bryce. Deux ans plus tard, son travail ressemble à une impasse et elle se plonge dans l’oubli en écumant les clubs les plus fameux. Mais lorsque le meurtrier frappe de nouveau, Bryce se retrouve entrainée dans l’enquête et doit faire équipe avec Hunt, un mystérieux ange déchu dont le passé noir hante chacun de ses pas.
Ce dernier est l’assassin personnel des archanges et il doit protéger la jeune femme, même s’il lui porte peu d’intérêt. A la recherche de la vérité, Bryce et Hunt vont apprendre à se connaître et vont explorer les bas-fonds de la ville jusqu’aux niveaux les plus sombres de l’Anfer où des choses qui dormaient depuis des millénaires se réveillent…
Avis :
J’ai absolument adoré ce livre du début à la fin, et en même temps, ce n’est pas vraiment surprenant ni inattendu parce que c’est un Sarah J. Maas, et cette auteure ne m’a encore jamais déçue ou laissée indifférente ! Après avoir été complètement conquise par A Court of Thorns and Roses et ses suites qui m’ont fait vivre des montagnes russes émotionnelles inoubliables, j’abordais Crescent City avec des attentes démesurées et une excitation fébrile. Et je peux dire avec soulagement et joie que ces attentes ont été non seulement rencontrées mais largement dépassées. Maas prouve une fois de plus qu’elle est l’une des reines incontestées de la fantasy contemporaine.
On découvre un monde absolument fascinant et extrêmement intéressant qui se distingue radicalement de l’univers médiéval-féerique d’ACOTAR. C’est un monde résolument moderne, urbain, presque contemporain dans son esthétique et son fonctionnement – avec des téléphones portables, des clubs nocturnes, des voitures, de la technologie –, mais simultanément et magnifiquement rempli de magie omniprésente, de créatures fantastiques de toutes sortes, et d’une mythologie riche et complexe. Cette fusion unique d’urban fantasy moderne et de high fantasy traditionnelle crée quelque chose de vraiment original et rafraîchissant qui se démarque dans le paysage saturé de la fantasy actuelle.
C’est un univers extrêmement complexe dans sa construction, incroyablement complet et détaillé dans son worldbuilding, avec des systèmes politiques sophistiqués, des hiérarchies raciales et sociales compliquées, une histoire ancienne et lourde de conséquences, et des règles magiques précises. Maas n’a clairement pas fait les choses à moitié et a construit un univers qui pourrait facilement soutenir des dizaines de romans tant il y a de profondeur et de possibilités narratives.
J’ai effectivement été un peu perdue et même franchement désorientée au tout début du roman face à la quantité massive d’informations, de termes spécifiques, de noms de races et de lieux, de concepts magiques et politiques que Maas déverse rapidement sur le lecteur. Et cette confusion initiale était d’autant plus prononcée pour moi que je l’ai lu dans sa version originale en anglais plutôt qu’en traduction française, ce qui signifie que je ne bénéficiais pas du travail de clarification et d’adaptation que peuvent parfois apporter les bons traducteurs, et que je devais simultanément gérer la compréhension linguistique et la compréhension narrative.
Les premiers chapitres nécessitent vraiment une attention soutenue et une certaine patience pour absorber tous les éléments du worldbuilding, comprendre les différentes races qui peuplent Midgard (Fae, anges, métamorphes, démons, humains, et bien d’autres), saisir les dynamiques de pouvoir entre elles, et se repérer dans la géographie de Crescent City. Mais cette courbe d’apprentissage abrupte est largement récompensée une fois qu’on a intégré les bases et qu’on peut pleinement apprécier la richesse de l’univers.
Crescent City elle-même, aussi appelée Lunathion, est vraiment un personnage à part entière dans ce roman, pas simplement un décor passif ou un background générique. Cette ville vit, respire, pulse au rythme de ses habitants extrêmement divers et surtout des drames terribles et des tragédies qui vont s’y dérouler tout au long du récit. Maas décrit les quartiers avec leurs atmosphères distinctes, les établissements avec leurs clientèles spécifiques, les rues avec leurs dangers particuliers. On sent la ville comme un organisme vivant, changeant selon les heures du jour et de la nuit, selon les saisons, selon les événements politiques et criminels qui la secouent.
Il se passe vraiment énormément de choses dans ce premier tome massif de plus de 800 pages ! Ce n’est absolument pas un tome uniquement introductif qui se contenterait paresseusement de poser les bases en attendant que l’action commence dans les suites. Il est certes introductif dans le sens où il établit l’univers, présente les personnages, pose les fondations des intrigues futures, mais absolument pas au détriment de l’action et de la progression narrative immédiate.
L’auteure ne met jamais l’action de côté ou en sourdine pour privilégier l’exposition. Au contraire, Maas réussit le tour de force de tisser le worldbuilding naturellement dans une intrigue d’enquête policière haletante, pleine de rebondissements, de dangers, de révélations choc. Dès les premiers chapitres, on est plongés dans le meurtre horrible qui va déclencher toute l’histoire, et la tension ne retombe jamais vraiment jusqu’à la conclusion explosive.
J’ai absolument adoré les personnages, et c’est vraiment le point fort indiscutable et constant de Sarah J. Maas dans toutes ses séries. Cette femme a un don extraordinaire pour créer des personnages tridimensionnels, complexes, profondément humains même quand ils sont littéralement non-humains, et surtout pour les faire évoluer de manière organique et satisfaisante tout au long de ses récits. On s’attache immédiatement et viscéralement à ses protagonistes, on vit leurs joies et leurs peines comme si c’étaient les nôtres, on pleure avec eux et on rit avec eux.
Bryce Quinlan, mi-humaine mi-Fae, est tellement chouette et rafraîchissante comme héroïne ! Elle sort complètement des archétypes traditionnels de l’héroïne de fantasy. Au début du roman, elle n’est pas une guerrière badass ou une princesse en détresse, elle est simplement une jeune femme de vingt-quelque ans qui travaille dans une galerie d’antiquités magiques et qui aime faire la fête avec ses amis, boire, danser, profiter de la vie urbaine de Crescent City. Elle est drôle, sarcastique, loyale, têtue, profondément blessée par un traumatisme ancien qu’elle essaie de noyer dans l’hédonisme et la superficialité.
J’ai vraiment adoré la suivre dans son évolution, partager intensément ses émotions qui passent du chagrin écrasant à la rage vengeresse, de la peur paralysante au courage désespéré. Bryce grandit énormément au fil du roman, passant de jeune femme qui fuit ses responsabilités et ses émotions à quelqu’un qui affronte directement ses démons et qui prend sa place dans le monde.
Ruhn Danaan, prince Fae et héritier de Valbaran, est un personnage vraiment très intéressant et fascinant qui semble partager des liens mystérieux de parenté avec Bryce – liens qui sont suggérés dès le début mais dont les implications et la nature exacte se révèlent progressivement de manière absolument bouleversante. Ruhn est ce bad boy tatoué et rebelle qui cache une profondeur émotionnelle et une bonté fondamentale sous son apparence de rockstar irresponsable. Ses chapitres de point de vue apportent une perspective masculine et aristocratique qui enrichit considérablement le récit. Je suis complétement et irrémédiablement tombée amoureuse de Ruhn. Physiquement, il est parfait. J’attends de voir dans les tomes suivants si psychologiquement il me fait fondre autant que son physique.
Hunt Athalar, l’Ombra Mortis (l’Ombre de la Mort), ange déchu et assassin personnel des archanges, est absolument parfait comme love interest et comme personnage à part entière ! Il a ce côté dangereux et tourmenté, ce passé sombre et violent qui le hante constamment, cette culpabilité écrasante pour les horreurs qu’il a commises et qu’on lui a forcé à commettre. Mais il a aussi cette loyauté absolue envers ceux qu’il aime, cette capacité à la tendresse malgré sa brutalité, cet humour sardonique qui balance parfaitement avec le sarcasme de Bryce. Je le trouve physiquement un peu lisse par rapport à Ruhn alors qu’il est sensé être un assassin. Par contre, je veux bien me dévouer pour lui faire plein de câlins !
La dynamique entre Hunt et Bryce est absolument électrique dès leur première rencontre antagoniste, et regarder leur relation évoluer de la méfiance mutuelle à un partnership respectueux puis à quelque chose de beaucoup plus profond et intime est un vrai délice de slow burn parfaitement exécuté.
J’ai vraiment adoré suivre les aventures du trio formé par Bryce, Hunt et Ruhn lorsqu’ils travaillent ensemble sur l’enquête. Leurs interactions sont remplies de banter hilarant, de tensions sous-jacentes, de moments de vulnérabilité partagée. Maas excelle dans l’écriture des dynamiques de groupe, créant une chimie palpable entre ses personnages qui rend leurs scènes ensemble absolument captivantes.
Les personnages secondaires ne sont absolument pas en reste ou relégués à de simples utilités narratives, et je tiens vraiment à mentionner tout particulièrement Lehabah, l’esprit de feu minuscule et adorable qui travaille dans la galerie avec Bryce et qui est probablement l’un des personnages les plus attachants et émouvants de tout le livre malgré sa petite taille et son temps d’écran relativement limité. Et Syrinx, la chimère qui est l’animal de compagnie loyal et protecteur de Bryce mérite également une mention spéciale pour son charme et son importance narrative.
Ces personnages non-humains et apparemment mineurs ajoutent vraiment énormément à l’histoire, apportant des moments de légèreté et d’humour bienvenu dans un récit souvent très sombre, mais aussi des moments de bravoure et de sacrifice qui sont d’autant plus déchirants qu’ils viennent de créatures qu’on pourrait sous-estimer.
J’ai absolument adoré toutes les découvertes progressives que l’auteure distille habilement et patiemment au fur et à mesure du récit, ne révélant jamais tout d’un coup mais construisant méthodiquement un puzzle complexe dont on ne voit l’image complète que dans les derniers chapitres. Chaque révélation sur le passé de Bryce, sur les véritables enjeux de l’enquête, sur les connexions entre personnages, sur la mythologie ancienne de Midgard, arrive au moment parfait pour maximiser son impact émotionnel et narratif.
La fin est absolument renversante et émotionnellement bouleversante, probablement l’une des conclusions les plus intenses et surprenantes que j’ai lues dans la fantasy romance ces dernières années ! Sans spoiler évidemment, Maas orchestre une convergence de tous les fils narratifs qu’elle a patiemment tissés pendant 800 pages, livrant des révélations qui changent rétrospectivement la compréhension de tout ce qui a précédé, des moments d’action spectaculaires et épiques, et des scènes émotionnelles qui m’ont littéralement fait pleurer.
L’auteure m’a complètement emportée avec elle et avec ses personnages dans ce voyage intense, et maintenant que j’ai terminé ce premier tome, je ne veux absolument pas quitter cet univers fascinant ! J’ai immédiatement ressenti le besoin urgent de me plonger dans le tome 2 pour continuer à suivre Bryce, Hunt, Ruhn et tous les autres personnages que j’ai appris à aimer. C’est la marque d’une série vraiment réussie quand la fin d’un tome, aussi satisfaisante soit-elle dans sa résolution des intrigues immédiates, crée une envie irrépressible de continuer plutôt qu’un sentiment de complétude et de clôture.
House of Earth and Blood est un premier tome absolument magistral qui lance brillamment la série Crescent City et qui prouve que Sarah J. Maas peut créer des univers complètement différents avec la même maîtrise. Le mélange unique d’urban fantasy moderne et de high fantasy traditionnelle est rafraîchissant et original, le worldbuilding est incroyablement riche et complexe, les personnages sont tous exceptionnels avec des profondeurs insoupçonnées, l’intrigue d’enquête est haletante et pleine de rebondissements, et la romance slow burn entre Bryce et Hunt est absolument parfaite.
Oui, le début peut être un peu déroutant avec la masse d’informations à absorber. Oui, c’est un pavé de plus de 800 pages qui demande un investissement de temps conséquent. Mais chaque page en vaut absolument la peine, et l’expérience globale est tellement riche et satisfaisante qu’on ne voit pas les pages défiler. Si vous avez aimé ACOTAR, vous adorerez probablement Crescent City qui offre la même qualité de personnages et d’émotions dans un univers complètement différent et tout aussi captivant. Si vous cherchez une fantasy romance urbaine mature, complexe, avec des personnages inoubliables et une intrigue prenante, foncez immédiatement ! Élu Prix Livraddict 2022 en catégorie Fantasy, et c’est amplement mérité. Vivement le tome 2 !
La fiche du livre :
Série en cours :
– tome 01 : House of Earth and Blood
– tome 02 : House of Sky and Breath
– tome 03 : House of Flame and Shadow
