Chroniques Lunaires, tome 01 : Cinder – Marissa Meyer

Titre : Chroniques Lunaires, tome 01 : Cinder
Auteur : Marissa Meyer
Date de parution : 7 mars 2013
Editeur : Pocket Jeunesse
Format : Ebook
Genre : Science-fiction
Lectorat : Young Adult
Nombre de pages : 327

Note : 5 sur 5.

C’est la deuxième fois que je lis ce roman, et cette relecture après plusieurs années d’intervalle s’est révélée être une expérience fascinante qui m’a permis de redécouvrir une histoire que j’avais adorée mais dont les détails s’étaient estompés avec le temps. Je me souviens parfaitement avoir absolument adoré le lire en 2017 lors de ma toute première lecture, dévorant les pages avec passion et enthousiasme. Mais à l’époque, je n’avais malheureusement pas poursuivi la série au-delà de ce premier tome car je n’ai jamais acheté les livres suivants, probablement par manque de budget ou simplement parce que d’autres lectures avaient capté mon attention entre-temps.

Maintenant, des années plus tard, je possède enfin toute la série complète des Chroniques lunaires bien au chaud dans ma liseuse – les quatre tomes principaux plus le recueil de nouvelles complémentaires – et je me suis donc lancée avec enthousiasme dans la relecture de ce premier tome fondateur, curieuse de voir si mon souvenir enthousiaste correspondrait à la réalité du texte ou s’il s’agissait simplement de nostalgie enjolivant une lecture adolescente.

Je ne me souvenais honnêtement pas de beaucoup de choses spécifiques concernant les détails de l’intrigue, les personnages secondaires, ou les rebondissements précis. Les noms s’étaient brouillés, les événements s’étaient mélangés, les nuances s’étaient perdues. Mais ce qui était resté parfaitement intact et vivace dans ma mémoire, c’était surtout le sentiment général extrêmement positif, cette impression d’avoir adoré ma lecture et d’avoir passé un excellent moment. Cette empreinte émotionnelle globale avait survécu là où les détails factuels s’étaient évanouis.

J’ai donc redécouvert avec un plaisir renouvelé et même augmenté les aventures captivantes de Cinder, cette héroïne cyborg atypique et attachante, et j’ai vraiment adoré la suivre à nouveau dans son parcours extraordinaire qui la transformera de mécano méprisée en figure centrale d’un conflit intergalactique. Retrouver un personnage qu’on a aimé des années auparavant est toujours une expérience particulière, mélange de familiarité et de redécouverte.

J’ai également encore bien mieux compris et apprécié cette fois-ci tous les parallèles ingénieux et parfois malicieux entre le conte de fées classique de Cendrillon et l’histoire de science-fiction futuriste que Marissa Meyer a créée. Ces correspondances sont vraiment remarquables de créativité et d’intelligence dans leur transposition. Le pied prothétique en métal de Cinder qui correspond évidemment à la pantoufle de vair (ou de verre selon les versions) de Cendrillon est particulièrement brillant – au lieu d’une chaussure délicate qui tombe lors de la fuite précipitée du bal, c’est littéralement son pied cybernétique qui se détache !

La marâtre cruelle, les belles-sœurs dont l’une est horrible et l’autre gentille, le bal royal, le prince charmant, la transformation grâce à une « fée marraine » revisitée sous les traits d’une androïde douée, la fuite à minuit remplacée par une fuite avant que son identité cyborg ne soit révélée, tous ces éléments du conte sont réinventés avec intelligence et cohérence dans un univers de science-fiction post-apocalyptique fascinant. Cette capacité à honorer la structure du conte tout en créant quelque chose de complètement original et moderne est vraiment impressionnante.

L’écriture de Marissa Meyer est effectivement un peu simple et directe, sans grande complexité stylistique ou profondeur littéraire particulière. Les phrases sont courtes, le vocabulaire est accessible, les descriptions sont fonctionnelles plutôt que poétiques. Mais je trouve honnêtement que pour ce type de roman young adult d’aventure science-fiction destiné à un public adolescent et jeune adulte, ça passe vraiment tout seul et c’est même probablement un choix judicieux. Cette simplicité rend la lecture fluide, rapide, addictive, sans jamais créer d’obstacles ou de moments où on doit relire une phrase pour en comprendre le sens.

Meyer privilégie clairement la clarté et l’efficacité narrative par rapport à la sophistication stylistique, et c’est un choix tout à fait défendable qui sert bien son histoire. On n’est pas là pour admirer des prouesses d’écriture littéraire mais pour suivre une aventure captivante, et sur ce point, l’écriture remplit parfaitement sa fonction.

Il y a vraiment beaucoup d’action tout au long du roman, des rebondissements constants, des dangers qui s’accumulent, des révélations qui changent la donne. On ne s’ennuie absolument jamais, il n’y a pratiquement aucun temps mort ou passage qui traîne en longueur. Le rythme est soutenu du début à la fin, créant cette sensation addictive du « encore un chapitre » qui fait qu’on dévore le livre en quelques sessions. Meyer maîtrise parfaitement l’art du page-turner et sait maintenir la tension narrative sans relâche.

Il manque peut-être effectivement quelques descriptions plus détaillées et plus atmosphériques qui auraient pu ajouter du corps, de la texture, de la profondeur à l’univers futuriste de New Beijing et à la société complexe que Meyer a créée. On aurait aimé plus de détails sur l’architecture de cette mégapole asiatique du futur, sur la vie quotidienne des gens ordinaires, sur la technologie omniprésente, sur les conséquences sociales de la Quatrième Guerre mondiale qui a ravagé la planète, sur la culture lunaire mystérieuse.

Mais honnêtement, on s’en passe assez aisément et facilement parce que l’intrigue est suffisamment prenante et les personnages suffisamment attachants pour compenser ce manque relatif de worldbuilding approfondi. Meyer nous donne juste assez d’informations pour comprendre le contexte et visualiser les scènes importantes, sans s’attarder sur des descriptions exhaustives qui ralentiraient le rythme. C’est un équilibre raisonnable pour un YA d’action.

Cinder est vraiment un personnage absolument démentiel et formidable ! Elle ne se laisse jamais abattre ou décourager par les drames multiples et les injustices qui jalonnent constamment sa vie difficile depuis son accident d’enfance qui l’a transformée en cyborg. Elle est une mécano talentueuse et réputée qui fait littéralement vivre financièrement sa famille adoptive dysfonctionnelle grâce à son travail acharné et à ses compétences exceptionnelles en réparation de robots et d’androïdes.

Cette famille comprend notamment Adri, sa marâtre de belle-mère absolument horrible, cruelle, cupide et méprisante qui la traite comme une esclave et un bien monnayable plutôt que comme sa fille adoptive. Et Adri est accompagnée de ses deux filles biologiques : Pearl, l’une des belles-sœurs qui est tout aussi horrible, superficielle, méchante et méprisante que sa mère envers Cinder ; et Peony, l’autre belle-sœur qui est au contraire gentille, aimante, et qui traite véritablement Cinder comme sa sœur malgré son statut de cyborg.

Malgré le fait qu’elle soit un cyborg – statut qui dans cette société futuriste fait d’elle une paria, une citoyenne de seconde classe sans droits véritables, méprisée et crainte par la population « pure » –, Cinder essaie courageusement et obstinément de vivre aussi normalement que possible. Elle refuse de se laisser définir uniquement par ses modifications cybernétiques, elle cultive son expertise professionnelle, elle entretient des amitiés (notamment avec son androïde Iko qui est absolument adorable), elle ose même rêver et espérer malgré tout.

Cette résilience, cette détermination, cette capacité à rester fondamentalement bonne et optimiste malgré l’adversité constante, font d’elle une héroïne vraiment inspirante et attachante. Elle n’est pas parfaite – elle doute, elle a peur, elle fait des erreurs – mais elle ne renonce jamais, et c’est admirable.

Kai, le prince héritier devenu empereur en cours de roman, ne m’a par contre pas du tout transcendée ou particulièrement impressionnée lors de cette relecture. Il est correct, sympathique, bien intentionné, mais il manque un peu de personnalité distinctive et de profondeur qui le rendraient vraiment mémorable. Il reste assez générique dans son rôle de « prince charmant », même si Meyer lui donne quelques nuances avec le poids de ses responsabilités politiques et son désir d’être un bon dirigeant.

J’ai d’ailleurs trouvé que le début de romance promis de manière assez appuyée dans le résumé – « La forte attirance qu’éprouvent le beau prince et la jeune cyborg » – est quand même extrêmement timide et sous-développé dans ce premier tome. Il y a certes quelques moments d’attraction mutuelle, quelques regards chargés, quelques interactions charmantes, mais rien qui constitue vraiment une romance substantielle ou développée. C’est davantage une promesse de romance future qu’une romance actuelle.

Cette retenue est probablement volontaire de la part de Meyer qui veut développer lentement la relation sur l’ensemble de la série plutôt que de tout résoudre dans le premier tome, mais cela peut créer une légère déception pour qui s’attend à une vraie romance basée sur le résumé. J’attends donc de voir dans les tomes suivants ce qu’il en sera vraiment de cette relation et si elle se développera de manière plus substantielle et satisfaisante.

Vivement que je lise la suite avec Scarlet pour découvrir la suite des aventures de Cinder et pour rencontrer la nouvelle héroïne inspirée du Petit Chaperon Rouge ! Cette relecture du premier tome a parfaitement rempli sa fonction : me redonner envie de continuer cette série que j’avais inexplicablement abandonnée après ma première lecture enthousiasmée de 2017.

Cinder est un excellent premier tome qui lance brillamment la série des Chroniques lunaires avec une réinvention ingénieuse et originale du conte de Cendrillon dans un univers de science-fiction post-apocalyptique fascinant. Marissa Meyer crée une héroïne cyborg absolument attachante et inspirante, transpose intelligemment tous les éléments du conte classique dans son univers futuriste, et maintient un rythme soutenu plein d’action du début à la fin. L’écriture simple et directe sert parfaitement l’histoire même si le worldbuilding aurait pu être plus développé. Kai reste un peu fade, et la romance est plus promise que véritablement développée dans ce tome, mais ce sont des défauts mineurs dans un ensemble très réussi.

Si vous aimez les réécritures de contes de fées, la science-fiction young adult, les héroïnes fortes et résilientes, et les intrigues politiques mêlées d’action et de mystères, Les Chroniques lunaires est une série incontournable. Ce premier tome pose excellemment les bases et donne vraiment envie de dévorer la suite pour découvrir comment l’histoire de Cinder va évoluer et pour rencontrer les autres héroïnes inspirées de Chaperon Rouge, Raiponce et Blanche-Neige. Une lecture parfaite pour qui cherche du divertissement intelligent et addictif ! Vivement Scarlet !

La fiche du livre :

Logo Livraddict

Série terminée :
– tome 0.5 : Il était une fois… Cinder (Lu)
– tome 01 : Cinder
– tome 02 : Scarlet
– tome 02.5 : L’Armée de la reine
– tome 03 : Cress
– tome 03.5 : Levana
– tome 04 : Winter

Laisser un commentaire

Retour en haut

En savoir plus sur

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture