Les Couronnes de Nyaxia, tome 01 : Le Serpent et le Descendant de la Nuit – Carissa Broadbent

Titre : Les Couronnes de Nyaxia, tome 01 : Le Serpent et le Descendant de la Nuit
Auteur : Carissa Broadbent
Date de parution : 8 novembre 2023
Editeur : Bookmark
Format : Ebook
Genre : Romantasy
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 642

Quand les vampires règnent en maîtres : une plongée sombre dans un univers impitoyable.

Les Couronnes de Nyaxia, tome 1 : Le Serpent et le Descendant de la Nuit de Carissa Broadbent propose une vision de l’univers vampirique qui tranche avec ce qu’on peut trouver habituellement dans le genre. Ici, pas de vampires romantisés évoluant discrètement parmi les humains : on plonge dans un monde résolument sombre où les créatures de la nuit règnent en maîtres absolus et où les humains ne sont guère plus que du bétail. Cette approche sans concession m’a immédiatement séduite.

Un univers sombre au potentiel sous-exploité

L’atmosphère générale du roman est véritablement oppressante, dans le bon sens du terme. Carissa Broadbent ne cherche pas à adoucir la réalité de son monde : les vampires y sont des prédateurs, les humains leur garde-manger, et la loi du plus fort règne sans partage. Cette noirceur assumée crée une tension permanente qui sert parfaitement l’histoire.

La mythologie que l’auteure a créée autour de cet univers vampirique est réellement intéressante et originale. On sent qu’il y a tout un système complexe derrière, avec ses règles, son histoire, ses enjeux. Le problème, c’est que tout cela reste malheureusement trop en surface dans ce premier tome. J’aurais aimé que Carissa Broadbent prenne davantage le temps d’approfondir cette mythologie, de nous en dévoiler les rouages, les origines, les implications.

C’est particulièrement frustrant concernant les différentes sortes de vampires qui existent dans cet univers, et surtout la dualité entre les Rishan et les Hiaj. Ces deux factions semblent jouer un rôle crucial dans l’équilibre du monde, leurs rivalités et leurs différences paraissent fondamentales, mais on n’en apprend finalement que très peu. L’auteure pose les bases, esquisse les contours, mais ne va pas assez loin dans l’exploration de ces concepts. On reste sur notre faim, avec l’impression de n’avoir qu’effleuré la surface d’un iceberg bien plus imposant.

De manière générale, il manque des explications logiques et approfondies aux événements qui se déroulent dans ce premier tome. Beaucoup de choses se passent, et ces événements sont objectivement intéressants, mais on peine parfois à comprendre pleinement leur portée ou leurs justifications dans le cadre de cet univers. Cette lacune dans le worldbuilding est véritablement le point faible majeur du roman.

Des épreuves à la Hunger Games version vampirique – et j’adore ça !

Les épreuves qui constituent une bonne partie de l’intrigue m’ont immédiatement fait penser à Hunger Games, mais version vampires. Et je dois avouer que je suis absolument friande de ce type de trope – ces compétitions mortelles où tout peut basculer à chaque instant, où les alliances se font et se défont, où la survie est le seul objectif. Le fameux « et puisse les jeux vous être favorables » résonne en filigrane tout au long de ces passages, et c’est exactement le genre d’atmosphère que j’adore retrouver dans mes lectures.

Au départ, j’avais quelques appréhensions face à cette ressemblance. J’avais peur que ce ne soit qu’une pâle copie, une tentative de surfer sur le succès d’un concept éprouvé sans rien apporter de nouveau. Mais ces craintes se sont rapidement dissipées. Carissa Broadbent parvient brillamment à s’approprier le concept et à le teinter de sa propre couleur. L’atmosphère vampirique, la noirceur du monde, les enjeux spécifiques à cet univers donnent aux épreuves une saveur particulière qui les distingue nettement de leur inspiration.

Ces passages sont tout simplement excellents. La tension est palpable, l’enjeu de survie constamment présent, et l’auteure sait parfaitement doser action, stratégie et développement des personnages. Je me suis complètement prise au jeu, happée par l’intensité des épreuves, investie dans la survie des protagonistes, suspendue aux rebondissements. Quand un auteur réussit à faire fonctionner le trope Hunger Games avec autant de brio, c’est un véritable bonheur de lecture ! Ces moments constituent sans conteste les passages les plus réussis et les plus addictifs du roman.

Des personnages qui sortent des sentiers battus

Les personnages principaux constituent un autre point fort de ce roman. Carissa Broadbent a eu la bonne idée de ne pas tomber dans les clichés faciles qui pullulent dans la littérature vampirique. Ses protagonistes ont de la profondeur, des nuances, des contradictions qui les rendent crédibles et attachants.

Sans être révolutionnaires, ils apportent suffisamment de fraîcheur pour qu’on s’y intéresse véritablement. Ils ne sont ni parfaitement bons ni totalement mauvais, mais évoluent dans une zone grise qui correspond parfaitement à l’ambiance sombre du roman. Leurs motivations sont compréhensibles, leurs choix questionnables mais justifiables, leurs évolutions cohérentes. C’est le genre de personnages qu’on a envie de suivre sur plusieurs tomes parce qu’on sent qu’ils ont encore beaucoup à nous révéler.

Une fin qui divise

Si j’ai globalement apprécié ma lecture, la fin du roman m’a laissée plus perplexe. Carissa Broadbent a choisi de jouer sur les tropes de la trahison et des non-dits qui explosent au grand jour au moment le moins opportun. Le problème, c’est que je ne suis personnellement pas fan de ce type de ressorts narratifs. Les trahisons et les mensonges entre personnages que j’apprécie, surtout quand ils semblent artificiels ou créés uniquement pour générer du drama, ont tendance à me frustrer plus qu’autre chose.

L’idée du cliffhanger en soi ne me dérange pas – au contraire, un bon cliffhanger peut rendre l’attente du tome suivant presque insupportable dans le bon sens du terme. Mais j’aurais préféré une révélation qui me laisse véritablement sur les fesses, en PLS, le souffle coupé par l’ampleur de ce qui vient d’être dévoilé. Plutôt que cette approche du « Untel a trahi Untel, quel personnage horrible ! » qui me fait davantage soupirer qu’autre chose. C’est un choix narratif qui fonctionne pour beaucoup de lecteurs, mais qui ne correspond pas à mes goûts personnels.

Cette fin ne gâche cependant pas l’ensemble de l’expérience. Elle ajoute simplement une petite note d’amertume à une lecture qui, dans l’ensemble, s’est révélée vraiment plaisante et addictive.

Mon verdict

Les Couronnes de Nyaxia, tome 1 : Le Serpent et le Descendant de la Nuit est un roman qui m’a véritablement conquise malgré quelques défauts. Carissa Broadbent crée un univers vampirique sombre et sans concession, où les créatures de la nuit règnent sans partage et où la survie est un combat de chaque instant. Les épreuves à la Hunger Games sont brillamment exécutées et constituent le cœur battant du roman – j’ai adoré chaque instant de ces passages tendus et addictifs. Les personnages principaux évitent les clichés du genre et l’atmosphère générale est parfaitement maîtrisée. Le principal bémol réside dans un worldbuilding insuffisamment développé : la mythologie, les différentes sortes de vampires, la dualité Rishan/Hiaj mériteraient tous d’être approfondis pour donner davantage de cohérence et de profondeur à l’ensemble. La fin jouant sur les tropes de trahison et de non-dits ne correspond pas à mes préférences personnelles, mais c’est un détail qui n’entache pas mon plaisir global. Je lirai la suite avec un réel enthousiasme, curieuse de voir comment Carissa Broadbent développera son univers et fera évoluer ses personnages dans les tomes suivants. Une très belle découverte !

La fiche du livre :

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Série en cours :
– tome 01 : Le Serpent et le descendant de la nuit
– tome 02 : Le Roi maudit et la couronne sanglante
– tome 03 : L’Oiseau chanteur et le cœur de pierre
– tome 04 :

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