
Titre : Le cycle d’Avalon, tome 02 : Les Brumes d’Avalon
Auteur : Marion Zimmer Bradley
Date de parution : 1 juin 2023
Editeur : Le Livre de Poche
Format : Livre
Genre : Fantasy
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 325
Résumé :
La légende du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde n’avait, depuis longtemps, inspiré un roman d’une telle envergure, d’un pareil souffle. Merlin l’Enchanteur, Arthur et son invincible épée, Lancelot du Lac et ses vaillants compagnons, tous sont présents mais ce sont ici les femmes qui tiennent les premiers rôles: Viviane, la Dame du Lac, Ygerne, duchesse de Cornouailles et mère d’Arthur, son épouse Guenièvre, Morgane la fée, sœur et amante du grand roi… Cette épopée envoûtante relate la lutte sans merci de deux mondes inconciliables, celui des druides et des anciennes croyances défendant désespérément un paradis perdu et celui de la nouvelle religion chrétienne supplantant peu à peu rites et mystères enracinés au cœur de la Grande-Bretagne avant qu’elle ne devienne l’Angleterre.
Avis :
Après un premier tome en demi-teinte, ce deuxième volet n’a malheureusement pas inversé la tendance.
Les défauts que j’avais déjà relevés dans le tome 1 se confirment ici : le rythme reste trop lent à mon goût, avec des longueurs qui freinent la progression narrative. Marion Zimmer Bradley continue de privilégier les introspections et les états d’âme au détriment de l’action, ce qui crée une atmosphère contemplative que j’ai du mal à apprécier pleinement. Si j’avais espéré un regain de dynamisme, force est de constater que ce tome s’enlise davantage dans les méandres politiques de Camelot.
Le récit se concentre principalement sur Morgane et l’opposition croissante entre l’église chrétienne qui s’implante en Grande-Bretagne et le culte païen de la Déesse et des druides. Cette confrontation religieuse aurait dû constituer le cœur battant du roman – c’est précisément ce qui m’avait attirée dans cette saga, cette exploration du féminin sacré, de la spiritualité celtique et des traditions ancestrales. Malheureusement, l’auteure ne développe pas suffisamment cette dimension pourtant fascinante.
J’aurais tant aimé plonger davantage dans le monde druidique. Découvrir en profondeur les rituels d’Avalon, comprendre les pratiques magiques des prêtresses, explorer la cosmogonie païenne face à l’avancée du christianisme… Le potentiel était immense, la matière incroyablement riche. Au lieu de cela, Marion Zimmer Bradley accorde une place disproportionnée aux intrigues de succession, aux querelles d’héritiers, aux tractations politiques de la cour de Camelot. Ces éléments, bien que nécessaires, étouffent ce qui fait l’originalité et l’intérêt de cette relecture féministe de la légende arthurienne.
La quête du Graal illustre parfaitement cette frustration. Cet épisode mythique et symboliquement central est expédié en quelques pages à peine. Pour un événement d’une telle portée spirituelle – qui aurait justement permis d’approfondir le conflit entre ancienne et nouvelle foi, entre Avalon et le christianisme –, ce traitement superficiel est incompréhensible. J’attendais une exploration des épreuves, des quêtes individuelles des chevaliers, de la dimension mystique du Graal, de son lien avec les anciennes croyances. Au lieu de quoi on survole l’événement comme s’il s’agissait d’un détail narratif mineur.
Les personnages n’ont pas arrangé les choses. Si j’avais apprécié dans le tome 1 la profondeur accordée aux figures féminines, ici plusieurs m’ont franchement agacée. Guenièvre en tête. Son éternelle valse-hésitation entre Arthur et Lancelot, son incapacité à assumer ses désirs et ses choix, sa passivité face aux événements créent une dynamique répétitive et exaspérante. Je comprends l’intention de l’auteure – montrer une femme déchirée entre devoir et passion – mais l’exécution manque cruellement de nuances. Le personnage tourne en rond, ressasse les mêmes tourments, sans véritable évolution. Les autres protagonistes ne m’ont guère plus convaincue, semblant prisonniers d’un scénario qui les dépasse.
Pourtant, je ne peux nier que certains aspects conservent leur pouvoir d’attraction. La plume de Marion Zimmer Bradley, bien que lourde, possède une certaine élégance lorsqu’elle évoque Avalon et ses mystères. Les passages centrés sur Morgane, sa relation complexe à la magie et sa lutte pour préserver l’ancienne foi gardent une intensité émotionnelle réelle. L’atmosphère mystique que l’auteure parvient à créer demeure envoûtante par moments, rappelant pourquoi ces thématiques résonnent si profondément en moi.
Mais dans l’ensemble, ce deuxième tome accentue mes réserves plutôt qu’il ne les dissipe. Le paradoxe que je ressentais après le tome 1 persiste : je reste attirée par l’univers, les thématiques spirituelles et féminines, la réappropriation de la légende arthurienne au prisme d’Avalon… mais rebutée par le rythme narratif, les choix de développement et la lourdeur stylistique.
Une lecture correcte qui ne parvient pas à exploiter pleinement son potentiel fascinant. Je poursuivrai néanmoins avec les tomes suivants déjà en ma possession, espérant que la saga trouvera enfin l’équilibre entre ses riches thématiques et une narration plus captivante.
La fiche du livre :
Série terminée :
– tome 01 : Les Dames du lac
– tome 02 : Les Brumes d’Avalon
– tome 03 : La Chute d’Atlantis
– tome 04 : La Colline du Dernier adieu
– tome 05 : Le Secret d’Avalon
– tome 06 : La Prêtresse d’Avalon
– tome 07 : Les Ancêtres d’Avalon
