La Promesse d’Edna – Romina Casagrande

Titre : La Promesse d’Edna
Auteur : Romina Casagrande
Date de parution : 25 mars 2021
Editeur : Fleuve
Format : Ebook
Genre : Contemporain
Lectorat : Adulte
Nombre de pages : 404

Le voyage d’une vie, porté par la force d’une promesse d’enfant.
Edna, 89 ans, vit seule dans le nord de l’Italie et consacre son temps à son jardin et à son perroquet, Emil. Aux yeux de tous, et notamment de son amie Adele qui lui apporte son panier de courses chaque semaine, c’est une vieille dame certes un peu fantasque, mais sans histoires.
Pourtant, quand le hasard lui permet de retrouver la trace de son meilleur ami Jacob, perdu de vue depuis des années, Edna se lance dans un projet complètement fou pour le revoir : un périple à travers les montagnes, direction Ravensburg. Ce sera son grand voyage de «retour», celui qu’elle a attendu d’accomplir toute sa vie.
Car elle a déjà emprunté cette route une fois, en sens inverse, dans les années 1930. Jacob et elle avaient essayé de s’échapper de la ferme allemande où ils étaient exploités ; seule Edna avait réussi. Ils s’étaient promis de rester toujours ensemble, mais leur plan a échoué.
Tandis qu’Adele, s’apercevant de leur absence, se lance à leur recherche, Edna et Emil poursuivent coûte que coûte leur chemin. Malgré les obstacles et les gens trop raisonnables, à eux de prouver qu’il n’est pas de montagne infranchissable pour qui a une promesse d’enfance à tenir.

Je n’ai pas vraiment accroché à ce roman. Le principal problème pour moi, c’est la crédibilité : je n’ai pas cru une seconde qu’une femme de 90 ans puisse traverser les Alpes comme ça, sur un coup de tête. Ma grand-mère a 91 ans et elle est très en forme pour son âge — elle fait encore son jardin (un grand, elle est agricultrice retraitée), son ménage, sa cuisine. Pour autant, je ne l’imagine absolument pas parcourir plusieurs centaines de kilomètres dans des conditions que même moi, qui adore la randonnée en montagne, aurais du mal à supporter. J’ai fait le calcul : le trajet entre le nord de l’Italie et Ravensburg représente environ 364 km et 87 heures de marche. Et Edna part sans préparation, simplement parce qu’elle pense avoir reconnu son ami Jacob sur une photo dans le journal, en suivant une carte qu’elle a tracée quand elle était enfant. Une dame de 90 ans, sans entraînement, sur un coup de tête : ça n’a aucun sens.

Et au-delà de l’exploit physique, c’est la démarche elle-même qui ne tient pas debout : on est à l’époque du téléphone et d’internet, si tu veux retrouver une connaissance perdue de vue, tu cherches à la joindre, tu ne pars pas à pied pendant plusieurs jours à l’aveugle. Ce choix casse toute crédibilité, autant pour le personnage que pour l’intrigue.

J’ai aussi trouvé l’écriture bancale et incohérente, comme si l’autrice ne savait pas trop sur quel pied danser, quelle orientation donner à son roman. J’aime bien, en général, les romans qui mêlent parties historiques et contemporaines, mais ici le mélange est raté. C’est surtout l’enfance d’Edna qui est racontée, sans jamais poser le contexte historique qui est pourtant capital pour comprendre l’histoire. Les flashbacks racontent ce qu’ont vécu Edna et Jacob — l’origine du perroquet Emil, leur amitié, leur fuite prévue de la ferme allemande — sans jamais nommer explicitement ce que c’est. Le terme « enfants de Souabe », qui n’apparaît que vers la fin du roman, aurait pourtant mérité d’être posé bien plus tôt et expliqué clairement, tant il est central à toute l’intrigue.

Les personnages ne m’ont pas intéressée. Edna manque de crédibilité dans sa décision de partir. Jacob, lui, n’existe qu’à travers les souvenirs d’enfance : un gamin turbulent qui cherche à fuir l’esclavagisme dans lequel il est piégé, mais jamais développé dans le présent du récit. Quant à Adele, l’amie d’Edna, elle reste plate, cantonnée à son rôle de « partir à la recherche d’Edna » sans grand-chose de plus à en dire.

La fin ne fait qu’ajouter à ce sentiment de non-crédibilité. Sans en dévoiler le contenu, elle tombe dans la facilité et un classique « tout ça pour ça » qui confirme tous les doutes accumulés pendant la lecture.

Je n’ai pas trouvé cette histoire crédible, du début à la fin.

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